Débat: laissez fuire, laissez faire …

Un article du Ouest France du 14 avril rendait compte d’une enquête réalisée par l’Université Européenne de Bretagne (UEB) auprès des docteurs Bretons. On y apprend que les titulaires d’un doctorat  trouvent principalement des emplois dans le public, dans les grands comptes et que seulement 2/5 restent en Bretagne. Du coup, la journaliste nous rappelle ce fort pratique concept de fuite des cerveaux …

Le problème, c’est que la fuite des cerveaux a bien vécu entre autres parce que les chercheurs sont des êtres sociaux et non des cerveaux individuels, et que de plus ils continuent de se former au cours de leur expatriation, mais bon, là n’est pas le sujet….

À l’image des grandes nations diasporiques (Chine, Inde) et des plus petites (Irlande, Écosse), il reste à la Bretagne d’imaginer comment tirer parti de ses expatriés et non pas de rester là à les regarder s’en aller. Même s’ils sont à l’étranger ou à Paris, ces Bretons n’en restent pas moins intéressés par ce qui se passe en Bretagne. Encore faut-il les solliciter, et leur donner les moyens d’intervenir à distance, ou pas.

Plus qu’une perte, ces diplômés sont l’opportunité de jouir des externalités de réseaux. C’est-à-dire exploiter les ressources défaillantes en Bretagne et qui, justement, motivent ces départs. Cette idée se retrouve dans le concept de Brain Gain qui se développe depuis le début des années 1990. Un exemple, le rôle joué par la diaspora indienne dans le succès des sociétés de services informatique Indiennes, ou encore la part de la diaspora chinoise dans les investissements directs étrangers (IDE) en Chine.

Facile à dire, mais comment faire ?

Sur le sujet, la Chine est un exemple car les gouvernements locaux et nationaux répondent aux initiatives de la diaspora.

La Chine a abandonné toute politique répressive, mise en place dans les années 1980 (et même bien avant sous les Ming), envers les étudiants qui ne rentrent pas au pays à la fin de leur études. Au contraire, il s’agit dorénavant d’exploiter au mieux des connaissances, des savoirs et des expertises acquises à l’étranger. Cela peut prendre la forme d’incitation au retour, mais le retour physique n’est plus exclusif, et la position privilégiée des expatriés, à cheval sur deux nations optimise les échanges et la mise en application de laquelle on peut tirer un bénéfice.

La Chine dispose donc de cinq agences nationales d’échange avec les Professionnels Chinois d’Outremer, eux-mêmes regroupés en associations. Ces agences sont financées pour supporter les activités d’échange d’informations et de savoirs, cependant elles n’empêchent pas les gouvernements locaux d’organiser des colloques et des salons ou encore de proposer des dispositifs avantageux en faveur des expatriés (bourses, accompagnements …).

Le gouvernement et les institutions encouragent particulièrement les échanges :

# de savoir faire technologique pour l’industrie et la recherche

# d’expériences de management en droit et en finance

# d’information sur les théories et méthodologies de recherche

# d’expériences politiques

Les agences ont aussi comme missions de faciliter les rencontres, lors des déplacements officiels. Certaines associations professionnelles jouissent d’ailleurs d’un statut particulier en tant qu’interlocuteur privilégié à l’échelle nationale.

La Chine 30 ans avant … (Par Alain76)

Pourquoi l’expatriation est une richesse et non une perte ?

Tout simplement parce que l’expertise et les savoirs-faire acquis à l’étranger (si nous parlons des jeunes docteurs bretons !) n’auraient pas pu être acquis en Bretagne. Ces expatriés sont l’opportunité de tirer parti des richesses de Paris et des capitales mondiales. La difficulté, et non des moindre, reste à trouver des arrangements win-win.

Le Chine, cas d’exemple sur le sujet, peut servir d’inspiration pour des mesures simples applicables en Bretagne. Cela sera toujours plus productif que d’attendre que les grands comptes viennent découvrir nos côtes et nos champs et employer sur place nos docteurs.

Par Simon Le Bayon

Sur le sujet :

le rapport de l’Asian Development Bank sur la Chine

les travaux de JB Meyer en Amérique Latine

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  1. sandrine urvois

    bonjour;
    la Bretagne perd du terrain, comme de nombreuses régions et même comme la France en général, le manque de connections internet a haut débit, le manque d’innovation et le manque de vision d’ensemble et de futur en général est en train de nous perdre….
    L’inde et la Chine sont en train de mettre le monde du business a l’envers en étudiant le web et en formant a tour de bras…
    et en renforçant le business sur l’échelle a l’instar des couts de production…
    Leur simplicités a communiquer et a humblement demander de l’aide me semble très anciennes et a la fois très moderne.
    Comment même expliquer que je ne trouve pas de travail en Bretagne est un mystere…ENTJ/TOEIC900/40ans
    sandrine urvois

  2. Un contre exemple dans le Ouest-France ce jour :
    http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Jeremie-le-thesard-prefere-Lannion-aux-USA-_8619-1346200_actu.Htm

    Mais combien sont ils ?

  3. simon

    Bonjour,

    pour celles et ceux qui s’intéressent au sujet, voici une opportunité pour conserver cette « matière grise » en bzh :

    http://forum2010.nicomaque.org

    A Galon.

  4. Les Chinois expats élargissent leurs réseaux !
    http://www.asahi.com/english/TKY201006130175.html




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